Il faut dire que le symbole serait immense. Les deux sœurs ont remporté ensemble trois titres olympiques en double (2000, 2008 et 2012) et possèdent à elles deux quatorze trophées du Grand Chelem en double. De Roland-Garros 1999 à Wimbledon 2016, elles ont marqué une époque, avec une domination exceptionnelle : chacune de leurs finales disputées dans les grands tournois s’est soldée par une victoire.
Wimbledon: Six fois victorieuses ensemble sur le gazon londonien, Serena et Venus Williams disputeront le double sur invitation des organisateurs
Le pays organisateur des Jeux peut octroyer une invitation
Sur le papier, un retour olympique à domicile n’est donc pas totalement impossible. Le pays organisateur bénéficie en effet d’une certaine marge de manœuvre pour inviter une paire qui ne remplirait pas forcément tous les critères classiques de qualification. Un argument qui pourrait jouer en faveur des Américaines si elles décidaient de prolonger l’aventure.
Mais à 48 ans pour Venus et 46 pour Serena en 2028, le défi serait évidemment immense. Alors, rêve romantique ou véritable projet sportif ? Dominique Monami, notre consultante, reste prudente.

« On est seulement en juin 2026 et beaucoup de choses peuvent se passer d’ici Los Angeles. Deux ans, c’est long. Personnellement, je suis assez sceptique qu’elles aillent jusque-là », explique l’ancienne neuvième mondiale.
Avant de se prononcer davantage, elle attend surtout de voir ce que donnera leur retour sur le gazon londonien. « Je vais d’abord regarder Wimbledon. Mais c’est spécial de se dire qu’elles pourraient repartir jusqu’à Los Angeles. C’est presque surréaliste. Ça me replonge 26 ans en arrière, puisque je les avais jouées avec Els Callens en demi-finale aux Jeux de Sydney. »
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Le double est moins exigeant physiquement, tu couvres moins de terrain.
Le principal obstacle reste évidemment physique. Même si le double offre certaines garanties, il n’efface pas le poids des années. « Le double est moins exigeant que le simple parce que tu couvres moins de terrain, mais à cet âge-là, tu n’as plus les mêmes capacités qu’à 25 ans », analyse Monami.
L’ancienne joueuse belge rappelle surtout que le tennis a changé depuis les grandes années des Williams. « Leur puissance a longtemps été leur plus grande force. Aujourd’hui, beaucoup de joueuses sont naturellement plus grandes et plus puissantes. Serena et Venus n’ont plus la même vitesse de déplacement ni les mêmes réactions. Or, être bien placé pour frapper la balle est essentiel. »
Reste que peu de duos dans l’histoire ont bénéficié d’une telle aura. À Wimbledon, Serena et Venus ne joueront pas seulement pour gagner des matches : elles écriront peut-être le premier chapitre d’un ultime défi olympique. À Los Angeles, le rêve pourrait alors devenir réalité.
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