Il y a encore quelques mois, Elena Rybakina semblait parfaitement placée pour lancer une véritable offensive sur la place de numéro un mondiale. Aujourd’hui, à l’approche de Wimbledon, le discours a radicalement changé.
La Kazakhe traverse une période délicate, marquée par des résultats décevants et des signes de fragilité inhabituels pour l’une des joueuses les plus redoutées du circuit. Alors que la saison sur gazon devait relancer sa dynamique, elle aborde désormais le rendez-vous londonien avec plus de questions que de certitudes.
Une surface pourtant taillée pour son jeu
Peu de joueuses sont aussi dangereuses que Rybakina sur gazon. Son service puissant, ses frappes à plat et son style ultra-agressif s’adaptent parfaitement à une surface où chaque fraction de seconde compte. Cette recette lui avait permis de décrocher le premier titre du Grand Chelem de sa carrière à Wimbledon en 2022 et de s’imposer comme une référence sur herbe.
Mais ce tennis à haut risque possède aussi une faiblesse : lorsque la confiance disparaît, les fautes directes se multiplient rapidement. Et c’est précisément ce phénomène qui semble affecter son jeu ces dernières semaines.
Un début de saison prometteur, puis la chute
L’année 2026 avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. Rybakina avait frappé fort en remportant l’Open d’Australie avant de confirmer son excellent niveau avec une finale à Indian Wells. À ce moment-là, la numéro deux mondiale apparaissait comme la principale menace pour Aryna Sabalenka dans la course au sommet du classement WTA.
Mais la dynamique s’est progressivement inversée. La tournée sur terre battue s’est révélée particulièrement compliquée et a culminé avec une énorme désillusion à Roland-Garros. Battue dès le deuxième tour par Yulia Starodubtseva, alors classée 57e mondiale, la Kazakhe a laissé passer une occasion idéale de réduire l’écart avec la Biélorusse.
Queen’s n’a pas apporté les réponses attendues
L’arrivée du gazon devait marquer un nouveau départ. Pourtant, les difficultés ont persisté. Au tournoi du Queen’s Club, Rybakina a frôlé l’élimination dès son entrée en lice face à Tatjana Maria, ne passant qu’à quelques points d’une sortie prématurée.
Si elle est finalement parvenue à s’en sortir, les doutes ont rapidement ressurgi lors du tour suivant. En quart de finale, Katie Boulter a mis fin à son parcours au terme d’un combat en trois manches. Une défaite frustrante d’autant plus que Sabalenka n’était pas engagée dans le tournoi, offrant à sa rivale une opportunité précieuse de grappiller des points au classement.
Des signaux alarmants en dehors des courts
Les inquiétudes ne concernent pas uniquement les résultats sportifs. Depuis plusieurs semaines, le comportement de Rybakina sur les réseaux sociaux alimente les interrogations. Après son élimination à Roland-Garros, elle avait choisi de désactiver les commentaires sur ses publications afin de limiter les réactions extérieures.
Plus récemment, elle a franchi une nouvelle étape en supprimant totalement son compte Instagram. Un choix qui témoigne d’un besoin de prendre du recul, mais qui reflète également une période de tension et de fragilité rarement observée chez la championne kazakhe.
Le classement n’est plus le principal problème
Mathématiquement, la course au numéro un mondial reste ouverte. Avec moins de 1 000 points de retard sur Sabalenka et un faible total de points à défendre sur gazon, Rybakina conserve une chance réelle de bousculer la hiérarchie.
Cependant, les chiffres ne semblent plus être le principal enjeu. À quelques semaines de Wimbledon, le véritable défi de la Kazakhe est mental. Retrouver la confiance qui faisait sa force, retrouver l’agressivité qui lui permettait de dominer ses adversaires et retrouver la sérénité qui accompagnait ses meilleurs résultats.
Car dans le tennis de haut niveau, remonter au classement est parfois plus simple que reconstruire une confiance ébranlée. Et c’est précisément cette bataille que Rybakina semble devoir mener avant de rêver à nouveau du trône mondial.
