Tout en le préservant des blessures : « On a travaillé sur un rééquilibrage physique. Le tennis est un sport qui déséquilibre, on ne joue que d’un côté, il n’y a que certains groupes musculaires qui travaillent, donc il faut rééquilibrer l’autre côté pour avoir un corps harmonieux. On a aussi travaillé sur sa vitesse malgré de belles qualités génétiques dans le domaine. »
Avec en face des formateurs un garçon possédant deux facettes : « Il était mature pour son âge, très concentré sur ce qu’il faisait, un gros travailleur, très déterminé. Mais il parlait avec tout le monde, ce n’était pas quelqu’un d’isolé dans son coin, il pouvait parler avec un gamin du tennis-études sans juger que lui était beaucoup plus fort. Je me souviens d’un garçon équilibré, il avait son tennis mais aussi une vie sociale avec les autres jeunes. »
Et la réussite de Moïse Kouame sur ce Roland-Garros n’étonne qu’à moitié celui qui a aussi entraîné Victoria Mboko : « Le potentiel était là, après il faut toujours que toutes les pièces du puzzle se mettent bien. Apparemment, il a trouvé un bon entourage, je vois qu’il y a beaucoup de gens autour de lui, des gens compétents comme Richard Gasquet et Liam Smith, l’ancien coach de Gaël Monfils. Moïse mérite de vivre cette expérience à Paris. Il a toujours travaillé sérieusement et a toujours eu confiance en lui. »
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Présent chez Justine Henin à l’époque, Carlos Rodriguez nous avait déjà parlé du phénomène : « Ce garçon est un pur régal. C’est vraiment du très bon. En fait, il est exceptionnel. Il est sérieux, déterminé et vit pour son sport. Moïse, malgré son âge, c’est un professionnel à l’état pur. »
Dehaes : « Comme piloter une F1 »
Retourné par la suite à la Fédération française de tennis, le jeune joueur fut confié en mai 2025 à notre compatriote Philippe Dehaes qui déclarait à l’époque : « Ivan Ljubicic, le directeur du haut niveau à la Fédération française me téléphone et me parle d’un gamin hors norme, un de ceux qu’on voit tous les vingt ou trente ans. Il est absolument phénoménal. Sportivement, je n’ai jamais eu l’occasion de travailler avec quelqu’un qui a un potentiel aussi élevé que Moïse. Ici, on parle de quelqu’un qui peut gagner des Grands Chelems. Par rapport à sa précocité et son potentiel, il peut aller très haut. C’est très excitant pour un entraîneur de pouvoir piloter une Formule 1. »
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Le Brabançon développant son argumentation : « Il sert à 200 km/h. Il est ultra-physique, très athlétique. Une sorte de Monfils 2.0, capable de faire péter la balle de partout. Sportivement, c’est solide. En termes de précocité, il m’impressionne aussi. Quand je compare ses temps de passage avec ceux de Carlos Alcaraz, Alexander Zverev ou d’autres membres du top 10 mondial, il est en avance sur la majorité d’entre eux. À quinze ans, seuls Auger-Aliassime et Rune avaient de meilleurs classements que lui, en catégorie d’âge et à l’ATP. »

Le préparateur physique de Goffin
Quelques mois plus tard, notre compatriote cédera le relais à Richard Gasquet et Laurent Raymond. Mais il y a toujours une influence belge dans l’entourage du prodige qui compte comme coach physique, Fabien Bertrand, l’ancien préparateur de David Goffin, une référence dans le milieu.
« On a fait nos études ensemble avant de travailler à l’académie pendant six ans, se souvient Olivier Jeunehomme. Fabien, c‘est quelqu’un de très compétent et d’humainement très chouette. Il sait quand il faut être sérieux et quand il faut se relâcher, rigoler. Il possède une énorme expérience, c’est un atout pour Moïse. »
