« Je ne me sens pas bien, j’ai envie de vomir. »
Vingt-quatre heures plus tard, alors que des orages s’approchaient de Paris, c’est un tremblement de terre qui toucha la capitale française. Alors qu’il menait 6-3, 6-2, 5-1 contre Juan Manuel Cerundolo (ATP 56) et que de nombreux fans avaient déjà quitté le court Philippe-Chatrier pour se sustenter ou se rafraîchir, Jannik Sinner fut frappé par un coup de chaud. Livide, le Tyrolien, malgré un passage par les vestiaires et l’intervention du service médiale à qui il avoua, « Je ne me sens pas bien, j’ai envie de vomir », craqua complètement physiquement. Incapable de se déplacer correctement, le regard dans le vide et le corps débranché à sa source d’énergie, le numéro un mondial qui restait sur 29 victoires consécutives assista à un retournement de situation sans pouvoir broncher.
Je me sentais mal, la tête tournait. »
Une grosse heure plus tard, la messe était dite, 6-3, 6-2, 5-7, 1-6, 1-6, et Roland-Garros tenait déjà la plus grande surprise de son édition 2026. Pour la première fois depuis 2000, le numéro un mondial s’inclinait avant le troisième tour. Sur le coup de 16 h 30, l’Italien, toujours blanc comme un linge, entrait dans la grande salle de presse du tournoi pour expliquer sa défaillance physique.
« Je me sentais mal, la tête tournait, je n’avais plus d’énergie, rien ne sortait. J’ai essayé de servir pour le match, mais je n’avais pas beaucoup d’énergie, j’ai laissé passer le quatrième set, le premier jeu du cinquième a été très bon, je n’ai pas réussi à tenir, et tout a commencé à baisser. »
L’Italien a repoussé de la main l’explication que sa défaillance provenait d’un coup de chaud. Mais ses arguments n’ont pas vraiment convaincu la centaine de journalistes qui l’écoutaient.
« Quand je me suis réveillé, je ne me sentais pas très bien, expliqua celui qui n’a jamais remporté Roland-Garros. Je n’ai pas très bien dormi. En Grand Chelem, il y a toujours des jours où tu ne te sens pas bien et c’est ce qui s’est passé pour moi. Je me suis pris le mur et voilà. Je n’ai donc rien à dire concernant ni la chaleur, ni la météo en général. C’était moi et aujourd’hui c’est comme cela que cela s’est passé. Je n’étais pas en train de mourir à cause de la chaleur. C’est difficile à avaler, mais c’est comme cela. Il me faut du temps pour moi pour réétudier tout cela, voir ce qui s’est mal passé. »
Malgré cette situation où son corps « était tout mou et ne produisait plus rien », Jannik Sinner n’a jamais pensé à abandonner : « Dans un cinquième set, on ne sait jamais ce qui peut arriver. »
A-t-il trop joué ?
La question de savoir si l’Italien n’a pas trop joué (Monte-Carlo, Madrid, et Rome) avant de déposer ses valises à Paris se posait déjà avant l’entame du tournoi. Elle est revenue sur toutes les lèvres après son élimination.
« On ne sait jamais, en fait. Si je ne joue pas à Madrid ou Rome, cette journée aurait quand même pu m’arriver, parce que je me sentais malade. C’est toujours difficile de regarder dans le rétroviseur, parce que j’ai gagné trois tournois sur cette surface, la terre, et les résultats étaient fabuleux. Comme je l’ai dit en début d’année, Roland-Garros était mon principal objectif et je me fais sortir. »

Avant de quitter l’auditoire, Sinner tenta de se montrer positif : « Si on regarde l’ensemble de mes résultats sur terre, j’ai bien joué en gagnant trois tournois. Mon niveau de tennis fut élevé. J’ai connu le fameux jour sans. Je peux maintenant bien m’entraîner pendant plusieurs semaines avant Wimbledon. La vie ne s’arrête pas. »
Les précédentes fringales de Jannik Sinner.
