
Il est devenu en l’espace de quelques jours le nouveau chouchou du public de Roland-Garros. A 17 ans seulement, Moïse Kouame impressionne et confirme un immense potentiel entrevu dès le plus jeune âge sur les courts du TC Sarcellois.
Qualifié au troisième tour, Moïse Kouame impressionne. A 17 ans, le Français montre des aptitudes raquette en main dignes des plus grands. Mais les succès du désormais 318e mondial (et il est assuré de gagner encore au moins une centaine de places) cachent une histoire particulière avec la petite balle jaune.
« Cela ressemble à la méthode Williams ». Pour Sibiry Konaté, conseiller municipal de Sarcelles et ancien sparring-partner de la fratrie Kouame, l’analogie est évidente avec l’histoire des sœurs Williams. Sauf que chez les Kouame, c’est la maman qui a poussé ses deux filles et ses deux fils vers le tennis.
Si le frère ainé Michaël affiche de belles aptitudes, c’est le petit Moïse qui, très rapidement, se fait remarquer. « Il réalisait déjà des glissades exceptionnelles à 4 ou 5 ans », se souvient Aly Mouhamad, professeur de tennis au TC Sarcellois. « A 8 ans, il était capable de faire des services kickés, ce qui est incroyable pour cette catégorie d’âge. Les entraîneurs ont tout de suite vu que ce petit était un génie et qu’il avait une main extraordinaire », complète Éric Peyssies président du club.
Des changements de structures et une maman omniprésente
Très rapidement la famille quitte le Val-d’Oise pour s’installer à Paris et profiter des installations du Lagardère Paris Racing. Passé ensuite par l’académie de Justine Hénin en Belgique et celle de Patrick Mouratoglou, Moïse est depuis peu revenu dans le giron fédéral, couvé également par le groupe de marketing sportif IMG.
Les arrivées de Richard Gasquet au sein du staff ainsi que celle de Laurent Raymond (entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis) attestent de la reprise en main du projet par la FFT. Le tout sous le regard de sa maman Suzanne, extrêmement investie, qui sert de modèle à Moïse.
« Ma maturité vient d’elle. Elle n’est pas émerveillée pas grand-chose. C’est une personne très lucide et très posée », explique l’intéressé.
Les sœurs s’occupent des réseaux sociaux
Passé en quelques jours du statut d’inconnu à celui de nouvelle coqueluche du tennis tricolore, le jeune Français a vu sa notoriété exploser notamment sur les réseaux sociaux. Avant le tournoi il comptait 40.000 abonnés, il en recense aujourd’hui plus de 120.000. « J’en suis fier. Si j’ai eu cette montée en termes d’abonnés, c’est parce que je suis au troisième tour. Mais c’est à mes sœurs qu’il faut dire bravo car ce sont elles qui font le travail et qui gèrent », précise Moïse Kouame.
S’il avoue ne pas trop suivre les réseaux, le jeune prodige tente surtout de relativiser cette nouvelle exposition. « Si je suis prêt? On ne le sait vraiment que quand on est dans l’action, dans le moment. Il se passe tellement de choses dans le monde qu’être au troisième tour de Roland-Garros ce n’est rien. Je reste très posé par rapport à ça ».
Fan de Formule 1 et du PSG
Un garçon posé et attachant si l’on en croit son entraineur principal, Liam Smith. « C’est un super jeune. Il a beaucoup de personnalité. Il adore plaisanter », explique-t-il. Et malgré une vie dédiée au tennis à 17 ans, Moïse Kouame, n’en oublie pas les à-côtés. « On a des intérêts communs en dehors du tennis », précise Liam Smith. « Il adore la Formule 1. On a des séances d’entraînement difficiles, mais il est aussi en mesure de se détendre. C’est important pour un jeune de 17 ans ».
Grand fan du PSG, le jeune Français aurait aussi aimé voir la finale de la Ligue des champions ce samedi. « Je vais peut-être demander à jouer le matin », confiait-il hier au média britannique TNT Sports. Mais la direction du tournoi n’a pas vraiment exaucé son vœu. Moïse Kouame jouera en troisième rotation sur le court Suzanne-Lenglen contre le Chilien Alejandro Tabilo. Soit potentiellement en même temps que la finale PSG-Arsenal, si ce troisième tour devait dépasser les trois heures de jeu.
