
Alexander Zverev affronte Flavio Cobolli ce dimanche 7 juin en finale de Roland-Garros avec l’objectif de décrocher son premier titre en Grand Chelem. Un objectif que beaucoup de fans espèrent voir échouer. Accusé de violences psychologiques et physiques par deux ex-compagnes, l’Allemand n’est officiellement pas condamné par la justice, mais une partie du public ne lui a jamais pardonné ces faits présumés.
« Flavio, sauve le tennis s’il te plaît », « Zverat », « le mec est répugnant »… Voici ce qu’on peut lire sur les réseaux sociaux ces derniers jours à l’approche de la finale de Roland-Garros. De très nombreux fans de tennis n’ont de cesse de rappeler leur profonde détestation d’Alexander Zverev, qui a l’occasion de remporter son premier Grand Chelem ce dimanche 7 juin sur le court Philippe-Chatrier. La cause de cette franche opposition à l’Allemand, des histoires de violences conjugales qui le suivent depuis des années.
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Cette histoire n’est d’ailleurs pas sans lien avec Roland-Garros. C’est lors de l’édition 2024, avant sa demi-finale face à Casper Ruud, que le verdict est tombé. Brenda Patea, son ex-compagne avec qui il a un enfant, a accepté un accord à l’amiable et a abandonné les poursuites engagées à son encontre pour « coups et blessures ». Si le contenu exact de cet accord n’est pas connu, on sait que Zverev a dû s’acquitter de 200 000 euros à son ancienne compagne dans un délai d’un mois. Cet accord a été conclu à la suite de l’appel de l’Allemand, qui avait été condamné en première instance (en octobre 2023) à une amende de 450 000 euros.
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Il a rarement été interrogé sur le sujet lors de ses conférences de presse sur le circuit ATP, mais la fraîcheur de l’information avait alors poussé certains journalistes à vouloir recueillir son sentiment sur cet abandon des poursuites. Après quelques réponses laconiques, il exige : « Je ne veux plus jamais entendre la moindre question à ce sujet. Ça vaut pour tout le monde ! » Menace entendue par toute la profession et appliquée avec d’autant plus de zèle que cet accord à l’amiable lui permet de se présenter comme « innocent ».
Des faits de grande violence décrits
Les faits qui lui sont reprochés remontent à mai 2020. La justice avait estimé qu’il avait « maltraité physiquement » Brenda Patea lors d’une dispute et avait « porté atteinte à sa santé ». Cette dernière l’accusait de l’avoir poussée contre un mur et violemment étranglée. Le pire, c’est qu’elle n’est pas la seule à l’accuser.
À l’été 2021, le journaliste Ben Rothenberg publie dans un article le témoignage accablant d’Olga Sharypova, ex-petite amie de Zverev. Elle l’accuse de nombreux faits de violences psychologiques et physiques tout au long de la relation et décrit plusieurs épisodes. À New York en 2019, Sharypova assure que son compagnon d’alors l’a étouffée en plaquant un oreiller sur sa tête jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus respirer. Elle présente cet épisode comme le sommet d’une violence qui avait commencé des mois auparavant.
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Cette ancienne joueuse de tennis dit clairement avoir eu « peur pour sa vie ». La violence se serait poursuivie à Genève où Sharypova assure que l’Allemand l’a frappée au visage pour la première fois. À la suite de cet événement, elle aurait fait une tentative de suicide en s’injectant l’insuline de Zverev, diabétique. Un responsable de la Laver Cup, compétition en partie organisée par Roger Federer, a alors été appelé à l’aide par le joueur et a fait prendre un traitement à Sharypova pour éviter qu’elle ne subisse les effets de l’insuline.
Le circuit a oublié, pas une partie du public
En octobre 2021, une enquête interne est ouverte par l’ATP, puis clôturée en janvier 2023 faute de preuves suffisantes. Les avocats du champion olympique ont engagé des procédures en diffamation contre cet article (et de nombreux autres) pour « diffamation » et ont obtenu son retrait en Allemagne. Aucun des partenaires commerciaux d’Alexander Zverev (Adidas, Rolex…) n’a cessé de collaborer avec lui et le numéro 3 mondial n’a jamais été interdit de participer au moindre tournoi. Il continue d’être mis en avant et traité comme une star. Les autres joueurs du circuit ne l’isolent pas publiquement non plus.
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Par contre, il est régulièrement interpellé par des fans. Après une finale de l’Open d’Australie, on entend un supporter répéter distinctement et à plusieurs reprises : « L’Australie croit Olga (Sharypova) et Brenda (Patea) ! » Réaction de l’intéressé, un sourire cynique en coin. Il a également été apostrophé lors d’un tournoi à Munich en 2025, par un spectateur l’appelant : « espèce de sale frappeur de femmes ». C’est là tout le paradoxe de la situation pour celui qui rêve de décrocher son premier Roland-Garros ce dimanche 7 juin : aucunement condamné ni pénalisé au moindre moment de sa carrière professionnelle, il est néanmoins exposé aux légitimes soupçons du public, qui refuse de passer l’éponge aussi facilement que l’a fait le circuit.
