En quoi consiste votre travail à Roland-Garros ?
On fait partie de l’équipe de cordage Wilson qui s’occupe de ce service. Nous avons 23 cordeurs de onze nationalités différentes.
En moyenne, combien de raquettes cordez-vous par jour et pendant tout le tournoi ?
Environ 300 ou 350. En moyenne, on compte 25 raquettes par jour. Les jours de forte affluence, comme lors du premier tour du tableau principal, on arrive à une trentaine.
En moyenne, il faut quinze minutes pour réaliser un cordage. »
En moyenne, combien de temps faut-il pour corder une raquette ?
Environ 15 minutes.
Le cordage sera-t-il identique si deux cordeurs différents travaillent sur la même raquette ?
C’est possible. Dans cette équipe, nous sommes formés pour corder toutes les raquettes de la même manière. Les machines sont calibrées, donc normalement, le résultat est identique. Et on essaie qu’un cordeur travaille pendant tout le tournoi sur les raquettes d’un joueur.

Jouer sur terre battue a-t-il un impact sur le cordage ?
Le cordage casse plus vite. Mais ce n’est pas uniquement la terre battue, c’est aussi la météo, la température. Il fait très chaud sur cette édition, donc la balle vole plus fort. La plupart des joueurs augmentent la tension de leur cordage pour avoir un meilleur contrôle. L’humidité influe aussi sur le cordage.
Entre 9,5 et 28 kg de tension. »
Quelles sont les tensions minimales et maximales utilisées ?
La tension minimale est d’environ 9,5 kg et la maximale d’environ 28 kg. C’est Adrian Mannarino qui demande le moins et Jannik Sinner le plus. Plus la tension est basse, plus l’effet trampoline est important. La balle vole donc davantage. Plus on augmente la tension, plus on a de contrôle. Certains joueurs demandent des changements de 100 grammes (NdlR : Zverev). C’est très précis.

Avez-vous des anecdotes sur des demandes particulières des joueurs ?
Nous devons corder beaucoup de raquettes le matin. Les joueurs veulent que leurs six raquettes, par exemple, soient préparées le jour même de leur match. On reçoit donc les raquettes la veille avec les informations. Puis le joueur se réveille le matin et il veut une autre tension. On doit tout recommencer.
30 dollars la pose d’un cordage
Avez-vous des interactions avec les joueurs ?
Aucun contact. Sauf si le joueur veut nous parler
Combien de types de cordages avez-vous ?
On possède des centaines de références avec différentes rigidités et différents diamètres. Mais la principale différence réside dans le choix des cordages : en polyester ou en boyau naturel. Il existe aussi des cordes multifilaments, une sorte d’imitation de boyau naturel.

Quel est le prix pour la pose d’un cordage ?
Les joueurs paient 30 dollars la pose.
Comment cela fonctionne quand un joueur veut changer de tension pendant un match ?
Il y a des coursiers autour des courts qui récupèrent les raquettes et viennent rapidement à notre stand. On travaille directement dessus. Cela arrive quand les conditions météorologiques changent. S’il fait chaud, la balle aura une autre trajectoire et le joueur voudra un meilleur contrôle. Il peut donner une raquette déjà cordée et dire : il me faut une raquette avec une tension plus faible ou plus élevée.
Comment devient-on cordeur à Roland ?
Il faut suivre des formations, travailler, déjà, sur des tournois professionnels. Pour ceux qui débutent, avant de venir à Roland, il y a quatre jours de tests et un examen.
Qu’est-ce qu’un bon cordeur ?
Quelqu’un qui ne fait pas d’erreurs. Qui livre la raquette à temps et dans les délais, conformément aux attentes du joueur. Il faut aussi travailler en équipe pour pouvoir aider les autres lorsqu’ils sont dans le dur. Le simple fait d’apposer un logo peut faire la différence ou apporter un café.
Quels sont vos horaires ?
On commence à 7 heures et on peut finir à 21 heures. Hier, on a cordé 617 raquettes.
Quand un joueur gagne une rencontre, avez-vous l’impression d’y avoir participé ?
Oui, c’est agréable car nous avons à l’esprit que c’est un peu grâce à nous.
Les connexions belges de Moïse Kouame.
