Avec beaucoup d’émotions et des larmes chez Raphaël.
C’est un garçon très sensible. Pendant le match, il a été très constant dans son état d’esprit, ce qu’il n’a pas l’habitude de faire souvent. Il est parfois très variable dans ses émotions. Là, il a su rester calme et très positif. Ensuite, il fallait que cela sorte. Il était content, c’est Roland-Garros, son tournoi préféré. Il fait un gros match, devant sa famille, c’est un peu logique d’extérioriser ses émotions. Il a voulu se retenir, il s’est senti un petit peu gêné d’avoir pleuré, mais on lui a dit que c’était bien, il avait été imperturbable pendant tout le match.
Il m’a dit: papa, tu bouges de trop.
L’émotion était-elle plus forte ici ou à l’US Open quand il bat Casper Ruud pour rejoindre le 3e tour ?
New York c’était une surprise, plus stressant. On partait dans l’inconnu avec son premier match en cinq sets. C’était quasiment son premier Grand Chelem. Il se présenta à Wimbledon après sa blessure, mais sans préparation et ensuite son mois d’août ne fut pas terrible. On manquait de points de repère.
Pas comme ici à Roland ?
On s’attendait à ce qu’il puisse gagner contre Shelton car le match avait été bien préparé. Mais c’était très émotionnel parce que le voir pleurer et gagner en jouant tellement bien, ça fait plaisir. On sait qu’il peut très bien jouer, mais la constance, prendre la balle très tôt, être plus agressif, c’est ce qu’on essaie de lui apporter. Il a appliqué les conseils donnés par Steve depuis des années.

Pourquoi ne croit-il pas toujours dans son potentiel ?
C’est un être assez intelligent qui n’a jamais été dans la confiance innée. Il n’a jamais été le meilleur en juniors. Il progresse à son rythme et cela vous fait réfléchir plus. Il ne possédait pas toutes les garanties pour se dire : je vais être le meilleur du monde. Douter, c’est une preuve d’intelligence, je pense que c’est pour ça qu’il progresse. Au fur et à mesure du temps, la confiance en lui va monter. S’il ne se blesse pas et suit sa progression, il risque d’être très fort.
Quel rôle joue Steve Darcis dans sa progression ?
Il est primordial. Les éléments se sont très bien mis. Steve l’a pris en dernière année juniors. Il y a eu le Covid donc il n’a rien su jouer comme gros tournois. Mais il s’est entraîné. Tout s’est bien enchaîné, Steve finit sa carrière, il arrive au centre de Mons et Raphaël est pris en charge. Steve a toujours cru en lui. Ce qui l’agaçait, c’est cette perte de temps, cette remise en question permanente par Raphaël de certaines choses que Steve lui donnait. Cela n’avançait pas assez vite pour Steve. Il voulait un Raphaël plus agressif. Si Steve n’avait pas été là, je ne suis pas sûr que Raph soit à ce niveau-là maintenant.
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