Sa blessure : « Pas encore à l’aise »
En octobre dernier lors d’un tournoi exhibition au Luxembourg, Kim a vu son tendon d’Achille se rompre. Aujourd’hui, elle n’est pas encore retapée.
« C’est un processus très long. Il faut de la patience. C’est précisément ce qui me pose problème, ou ce qui me manque cruellement. Je suis vraiment dans une phase où cela commence à devenir frustrant. Je peux marcher et faire des exercices, mais je n’ai pas encore le droit de sauter. Du coup, c’est très tentant quand je suis près des courts ici à Paris. J’ai tapé une ou deux fois la balle, après avoir eu le feu vert du kiné. Mais je crois qu’ils ne savent pas vraiment comment je joue au tennis, alors ils pensent que je me contente de gesticuler. La première fois qu’ils m’ont dit d’essayer, j’ai trouvé que c’était encore un peu tôt. Je ne me sens pas encore assez à l’aise pour m’appuyer complètement sur mon pied droit. »

La rechute : « Je tombe en allant aux toilettes »
Trois semaines après son opération à Anvers et son retour aux États-Unis, la Limbourgeoise est victime d’une rechute.
« Je me promenais avec une tribune pour ménager ma jambe blessée. J’ai dû aller aux toilettes la nuit et ma tribune se bloque un peu. Soit je tombe, soit je dois poser le pied à terre. Mon premier réflexe a été de taper du pied. Et j’ai immédiatement ressenti une douleur aiguë. J’espérais que mes points de suture avaient lâché. Mais j’ai passé une nouvelle IRM, et c’était la même chose. Il fallait de la sagesse et tout reprendre à zéro. »
La prochaine étape? Sauter à la corde. »
La native de Bree aimerait rapidement retrouver la plénitude de ses moyens : « Je ne me fixe pas un objectif pour le sport mais des choses que je veux refaire. La prochaine étape, c’est sauter à la corde. Si j’y parviens, je pourrai reprendre d’autres activités sportives. Et pour moi, faire du sport signifie très souvent avoir une raquette à la main. Que ce soit du padel, du pickleball ou du tennis, j’adore ça. Je peux maintenant faire une promenade d’une heure avec mon chien le matin. Cette année ou l’année prochaine, j’aimerais jouer le tournoi des Légendes. Je me demande si ce sera possible. Beaucoup de gens sont passés par là et ont pu revenir au sport. »
À Paris, celle qui fêtera ses 43 ans était en vacances : « Cela faisait très longtemps que je n’étais pas allée à un tournoi de tennis. J’ai vraiment apprécié de retrouver cette ambiance, de séjourner à l’hôtel et de ne pas avoir à préparer mes repas ni à laver mes essuies. C’est agréable de temps en temps. »
Goffin : « Magnifique »
Lors de la première journée des qualifications, Kim a assisté au premier tour de David Goffin et à son discours émouvant : « On ne s’attendait pas à autant d’émotions. J’ai l’impression qu’il est plus apprécié en France qu’en Belgique. Ici, ce n’était pas prévu la cérémonie, ce qui rendait la chose d’autant plus impressionnante avec la présence de nombreux Belges dans le stade. David a accompli tant de choses. Il était en qualifications mais toujours aussi passionné. Les larmes dans ses yeux, c’était vraiment magnifique. Tout comme son parcours. Qui a battu dans le tennis moderne Nadal, Djokovic et Federer ? Quand tu le regardes et que tu le vois bouger, tu comprends où résidait sa force. Aujourd’hui, l’important, c’est de pouvoir frapper fort dans tous les coins du court. »
Ses souvenirs : « Mon appareil jetable »
Dans les allées de Roland, la Limbourgeoise a eu un peu de nostalgie : « C’est très agréable de se promener ici. Tant de choses ont changé par rapport à avant. On y repense un peu quand on déambule ici. Je n’y pense pas quand je fais les boîtes à tartines des enfants à la maison. C’est agréable de se remémorer le passé. Même ma première année en juniors, à l’époque avec mon appareil photo jetable. Même avant ma première finale en 2001, c’était déjà une très belle expérience de venir ici. Cette semaine, c’était agréable de revoir des têtes familières à Roland. »
Ses deux finales perdues : « Je ne me voyais pas battre Justine »
En 2001 contre Capriati et en 2003 contre Justine Henin, notre compatriote échouera en finale : « En 2001, j’étais déçue mais on s’en remet beaucoup plus vite, parce que c’était un très bon résultat, quelque chose d’inattendu. Cela m’a motivé à poursuivre mon chemin. C’était bénéfique pour ma carrière. Quant à ce match contre Justine Henin en 2003, je n’aurais jamais pu le gagner. Dans ma tête, je ne me voyais pas la battre sur terre battue. Il fallait passer par ces phases pour pouvoir enfin remporter mes titres. Vous savez, je disais toujours que mon plus grand atout était de ne pas trop réfléchir. C’est-à-dire lâcher prise, oublier vite et passer à autre chose. Au final, je n’ai jamais ressenti la même chose sur terre battue qu’en Australie ou à l’US Open. Ce sentiment d’être presque invincible. »
Dirigeante d’un club anglais : « Dans les vestiaires les yeux fermés »
Depuis peu, Kim Clijsters a investi dans l’équipe féminine de Birmingham City, promue en D1.
Papa me prenait avec lui au football. »
« J’ai toujours été passionnée par le football, grâce à mon père (NdlR : Lei Clijsters). J’ai toujours continué à suivre le football, en particulier les clubs belges et l’équipe nationale. Tout a commencé par le football. Mon père m’emmenait souvent lors des tests physiques. J’avais le droit de rentrer dans les vestiaires mais je devais fermer les yeux quand un joueur prenait une douche. C’est là qu’est née ma passion pour le sport. »

Son amitié avec Kompany : « J’aime l’écouter »
Au micro du podcast, à la question de savoir quel club elle supportait, Kim a répondu le Bayern Munich pour une raison précise : « Parce que je connais un peu Vincent Kompany. Il a écrit la plus belle lettre que j’ai reçue après le décès de mon père. Je le trouve impressionnant comme entraîneur. je suis toujours en contact avec lui. on s’envoie des messages vocaux de temps en temps. Pour lui souhaiter bonne chance ou échanger des opinions. C’est formidable de voir comment il parvient à captiver un public entier grâce à son approche unique et à sa personnalité. Il est l’un des orateurs les plus exceptionnels de sa profession. S’il dit quelque chose, c’est que c’est vrai. Que ce soit un sujet politique ou autre, il sait très bien gérer la situation. Je trouve qu’il s’exprime avec beaucoup d’intelligence et de sincérité. J’aime beaucoup l’écouter. »
Vincent est un orateur exceptionnel. »
Subjuguée par Pep Guardiola : « Personne ne l’a reconnu »
Fan de football, notre compatriote a croisé Pep Guardiola à New York. Et personne n’a reconnu le coach espagnol : « J’étais à l’US Open. J’ai été très impressionnée. Il se trouvait que j’étais au stade le jour où Trump venait. Nous sommes arrivés tôt à cause des mesures de sécurité. J’étais à table avec Connors, Navratilova et Roddick, notamment. Et Pep Guardiola est arrivé avec quelqu’un de la fédération. J’ai tout de suite pensé : « Putain, c’est Pep Guardiola ! » Personne ne le connaissait. Je leur ai demandé : vous êtes sérieux ? Les Américains n’y connaissent pas grand-chose au football. La demi-finale et la finale de la Coupe du Monde se déroulent dans le New Jersey. Dans un stade à une heure de route de chez moi, et je ne pourrai pas y être. Parce que je viens en Belgique avec Jada mi-juin. Elle entame sa préparation pour le Championnat d’Europe. Elle joue en Suède avec les U18. Vous savez, il m’arrive d’assister à six, sept, voire huit matchs en un week-end, car mes deux garçons jouent aussi au basket. »
Sa grange : « Des bouses de vache et des ours »
Avant de se blesser, la triple lauréate de l’US Open a acheté une ferme dans le Vermont avec une grange à rénover.
« J’y allais très souvent seule. Et j’y passais des heures à tout ranger, détruire et jeter dans un conteneur. C’était incroyable, un vrai bonheur. Il n’y avait pas de réseau, pas de Wi-Fi. S’il m’arrivait quelque chose là-bas, personne n’aurait été au courant. Nous entrons dans la phase finale avec les architectes. J’espère que nous pourrons bientôt commencer. Dans la grange que je rénove on trouvait encore des traces de bouses de vache sur les murs, avec les noms des vaches et l’horaire de la traite. On peut en faire quelque chose de beau, mais cela demande évidemment beaucoup de temps et d’énergie. C’est un endroit très relaxant et agréable. Juste être en pleine nature et marcher pieds nus. On m’a dit qu’il y avait pas mal d’ours. Du coup, en attendant, j’ai commandé une bombe contre les ours. »
Être en pleine nature et marcher pieds nus. »
Le tennis : « Je vois des choses »
Sur les bords des courts de Paris, Kim a confirmé qu’elle analysait ce qu’elle voyait : « Je remarque automatiquement ce qui pourrait être amélioré. Les jeunes joueuses belges peuvent me demander des conseils. Devenir entraîneur ? On me pose souvent cette question, mais cela implique une vingtaine de semaines de voyage. C’est encore un peu difficile pour moi. Mon plus jeune enfant a neuf ans. Il est encore très proche de sa maman, alors je n’arrive pas encore à me résoudre à le laisser seul longtemps. Ce n’est pas le plan actuel, mais j’aime bien le faire de temps en temps, pendant quelques semaines. Je suis souvent au téléphone avec plusieurs joueuses. »
Marion Bartoli compare cette jeune joueuse belge à Kim Clijsters.
