
Couper à la source
Il faut savoir que jusqu’ici, la lutte contre le piratage sportif passait surtout par le blocage des noms de domaine. Lorsqu’une adresse était repérée, les fournisseurs d’accès pouvaient empêcher leurs clients d’y accéder. Mais les pirates contournaient souvent ces mesures en changeant de domaine notamment avec un VPN (« Virtual Private Network », un outil qui masque la localisation de l’utilisateur), en créant des sites miroirs ou en redirigeant les utilisateurs ailleurs.
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Sauf que cette fois, il ne s’agit plus seulement de bloquer la façade du site, mais de s’attaquer à l’adresse IP (l’identifiant d’une machine connectée à internet) du serveur qui diffuse le flux vidéo. En la bloquant, les autorités espèrent interrompre le flux à la source pendant que la rencontre est encore en cours.
Le risque de couper trop large
Avec cette nouvelle approche, la France tente ainsi de se rapprocher des pays les plus offensifs face à l’IPTV, comme l’Italie ou l’Espagne. Dans le cas de cette dernière, La Liga, l’organisation en charge du championnat de football espagnol, y a développé des procédures rapides contre les flux illégaux.
Mais cette efficacité a aussi son revers de la médaille, rappelle le média spécialisé. Pourquoi ? Parce qu’un même serveur peut héberger plusieurs services. Certains peuvent être illégaux, d’autres parfaitement légitimes. En bloquant trop vite ou trop largement une adresse IP, on peut donc rendre inaccessibles des sites qui n’ont rien à voir avec le piratage sportif. Presse-Citron rappelle que l’Espagne a déjà connu ce type d’effets collatéraux. Des plateformes et des entreprises légales se sont retrouvées touchées par des blocages décidés dans le cadre de la lutte contre les diffusions pirates.
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En attendant en France, l’Arcom, le régulateur français de l’audiovisuel et du numérique, assure avoir prévu plusieurs garde-fous. Certaines adresses sensibles seront protégées par une liste blanche, notamment celles liées aux infrastructures des opérateurs télécoms. Dans un premier temps, les serveurs partagés ne doivent pas pouvoir être bloqués. Les coupures sont aussi limitées à la durée des diffusions concernées.
Un test avant le grand rendez-vous de l’été
C’est donc Roland-Garros qui sert de test grandeur nature. Le tournoi a l’avantage de durer deux semaines, avec de nombreuses rencontres réparties sur la journée. Les ayants droit doivent repérer les flux pirates en direct. L’Arcom supervise le dispositif et les fournisseurs d’accès à Internet, dont Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, devront ensuite appliquer les blocages demandés.
Mais en réalité, ce test est surtout un moyen de se préparer au grand rendez-vous de l’été : la Coupe du monde aux États-Unis, Canada et Mexique. La compétition sera diffusée en France par beIN Sports (sur abonnement) et en partie par M6 (54 matchs sur les 104, dont les rencontres de l’équipe de France. Et en Belgique, la RTBF diffuse l’intégralité des matchs en clair.
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